Parmi les héritiers reconnus par le droit successoral, certains se voient attribuer une fraction fixe de la succession, indépendamment de la présence ou non d'autres héritiers de même rang. On les appelle les héritiers réservataires, ou açhab al-fardh.
Les six fractions possibles
La doctrine malikite ne reconnaît que six fractions fixes : un demi (1/2), un quart (1/4), un huitième (1/8), deux tiers (2/3), un tiers (1/3) et un sixième (1/6). Aucun héritier réservataire ne reçoit une part fixe en dehors de ces six valeurs — toute autre situation relève du régime résiduaire (açaba) ou du retour (radd).
Qui sont les héritiers réservataires ?
Cette catégorie regroupe notamment :
- L'époux survivant : un quart en présence de descendants du défunt, la moitié en leur absence ;
- L'épouse survivante : un huitième en présence de descendants, un quart en leur absence (part à diviser entre plusieurs épouses le cas échéant) ;
- La fille unique, en l'absence de fils : la moitié ; deux filles ou plus, en l'absence de fils : deux tiers à partager entre elles ;
- Le père : un sixième en présence d'un descendant mâle, davantage en son absence, où il peut cumuler fardh et açaba ;
- La mère : un sixième en présence de descendants ou de plusieurs frères et sœurs du défunt, un tiers dans le cas contraire ;
- Les sœurs, selon les configurations, un demi, deux tiers ou un sixième.
La part varie selon la composition familiale
Un même héritier peut recevoir des fractions différentes d'une succession à l'autre : la part de la mère, par exemple, dépend directement du nombre d'enfants et de frères et sœurs du défunt encore vivants. C'est pourquoi il n'existe pas de « barème » universel applicable sans tenir compte de la composition exacte de la famille au moment du décès — chaque succession appelle son propre calcul.
Que se passe-t-il si les fractions dépassent le tout ?
Il arrive que la somme des parts fixes attribuées dépasse l'unité — par exemple en présence de plusieurs catégories de réservataires cumulées. Dans ce cas, un mécanisme de réduction proportionnelle, l''awl, ajuste chaque part à la baisse pour que le total reste cohérent, sans jamais modifier l'ordre de priorité entre héritiers.
Et si un reliquat subsiste ?
À l'inverse, si les parts fixes n'épuisent pas la totalité de la masse et qu'aucun héritier résiduaire n'est présent pour recueillir le surplus, ce reliquat peut faire retour aux réservataires eux-mêmes (le radd), à l'exception des époux entre eux, qui ne bénéficient jamais de ce retour l'un envers l'autre.
C'est l'articulation précise de ces règles, pour chaque configuration familiale, que le simulateur Miraths calcule automatiquement, en indiquant pour chaque héritier la fraction retenue et la raison qui la justifie.