Le droit successoral algérien emploie un vocabulaire technique, souvent d'origine arabe, qui peut dérouter au premier abord. Voici les termes les plus fréquents, expliqués simplement.

Fredha (الفريضة)

La fredha désigne littéralement « ce qui est fixé, imposé » : c'est le document — ou le résultat du calcul — qui établit la part exacte revenant à chaque héritier dans une succession donnée. C'est le terme le plus couramment employé en Algérie pour parler, dans le langage courant, du partage successoral lui-même.

Tarika (التركة)

La tarika est la masse successorale : l'ensemble des biens laissés par le défunt, une fois déduits les frais funéraires, les dettes et les legs éventuels. C'est sur cette masse nette que les parts de la fredha sont calculées.

Waratha et muwarrith (الورثة والمورّث)

Le muwarrith est la personne décédée dont on règle la succession ; les waratha (singulier warith) sont ses héritiers, c'est-à-dire les personnes ayant, en droit, vocation à recueillir tout ou partie de la tarika.

Fardh (الفرض)

Le fardh est la part fixe attribuée par les textes à certains héritiers : un demi, un quart, un huitième, un tiers, deux tiers ou un sixième selon la configuration familiale. Un héritier qui reçoit une telle part fixe est dit « héritier réservataire », ou sahib fardh.

Açaba (العصبة)

L'açaba regroupe les héritiers résiduaires : ceux qui se partagent ce qui reste une fois les parts fixes distribuées, généralement les descendants et ascendants mâles en ligne paternelle. En l'absence de tout héritier réservataire, l'açaba peut recueillir l'intégralité de la succession.

Hajb (الحجب)

Le hajb est le mécanisme d'exclusion successorale : la présence d'un héritier plus proche prive un héritier plus éloigné de tout ou partie de sa vocation. On distingue le hajb hirman, exclusion totale, du hajb nuqsan, simple réduction de la part sans exclusion complète.

Munasakha et jamiʿa (المناسخة والجامعة)

La munasakha désigne une succession enchaînée, lorsqu'un héritier décède avant le partage ; la jamiʿa est le dénominateur commun auquel on ramène l'ensemble des successions imbriquées pour calculer les parts finales.

Pourquoi ce vocabulaire mérite d'être connu

Ces termes reviennent systématiquement dans les échanges avec un notaire, dans les actes de notoriété, et dans toute discussion sérieuse sur une succession en cours. Les connaître, même sommairement, permet de mieux comprendre les explications fournies et de poser les bonnes questions au bon moment. Le simulateur Miraths les utilise directement, aux côtés de leur équivalent en français, pour que chaque héritier puisse relier le résultat du calcul à la règle qui le justifie.