Avoir un lien de parenté avec une personne décédée ne garantit pas d'hériter d'elle. Le droit successoral organise une hiérarchie précise entre héritiers potentiels, et la présence de certains d'entre eux peut en écarter d'autres, en tout ou en partie. C'est ce que l'on appelle le hajb.

Deux formes de hajb

On distingue deux mécanismes bien distincts, qu'il ne faut pas confondre :

  • Le hajb hirman (exclusion totale) : l'héritier est purement et simplement écarté de la succession, sa vocation successorale disparaissant entièrement en présence d'un parent plus proche.
  • Le hajb nuqsan (exclusion partielle, ou réduction) : l'héritier conserve sa vocation, mais sa part est réduite du fait de la présence d'un autre héritier — sans pour autant disparaître complètement.

Exemples de hajb hirman

Le petit-fils par un fils prédécédé n'hérite pas si un fils du défunt est encore vivant ; le grand-père paternel est exclu par la présence du père ; les frères et sœurs consanguins sont exclus par la présence de frères et sœurs germains dans certaines configurations. Dans chacun de ces cas, l'héritier plus éloigné ne reçoit rigoureusement rien.

Exemples de hajb nuqsan

La part de la mère passe d'un tiers à un sixième en présence de descendants du défunt ou d'au moins deux frères et sœurs de celui-ci — elle continue d'hériter, mais moins. De même, la part de l'époux passe de la moitié au quart, et celle de l'épouse du quart au huitième, dès lors que le défunt laisse des descendants.

Un principe directeur : la proximité prime

Le fil conducteur du hajb hirman est simple à énoncer, quoique ses applications soient nombreuses : au sein d'une même ligne de parenté (descendants, ascendants ou collatéraux), le degré le plus proche du défunt exclut le degré plus éloigné. Un fils exclut un petit-fils, un père exclut un grand-père, un frère germain prime sur un frère consanguin. Le conjoint survivant échappe à cette logique de degré : il hérite toujours, dans une proportion qui varie seulement selon la présence ou non de descendants.

Pourquoi ce mécanisme est fondamental

Sans le hajb, une succession comptant plusieurs générations de descendants ou une parentèle collatérale étendue distribuerait des parts à un nombre de personnes ingérable, et souvent contraire à l'intention implicite du système successoral, qui privilégie les liens les plus proches. C'est ce mécanisme, minutieux et parfois contre-intuitif, que le simulateur applique automatiquement à chaque configuration familiale saisie, en indiquant explicitement, pour chaque parent exclu, la règle précise qui motive son exclusion.