Le Code de la famille algérien renvoie explicitement, pour les questions successorales, aux principes du rite malikite — l'une des quatre grandes écoles juridiques sunnites, historiquement dominante au Maghreb. Comprendre sa logique interne aide à saisir pourquoi telle part revient à tel héritier, plutôt qu'à un autre.
Trois catégories d'héritiers
Le fiqh successoral malikite distingue trois grandes catégories de personnes susceptibles d'hériter :
- Les héritiers réservataires (açhab al-fardh), qui reçoivent une fraction fixe déterminée par les textes : un demi, un quart, un huitième, un tiers, un sixième ou deux tiers selon les cas ;
- Les héritiers résiduaires (açaba), qui se partagent ce qui reste une fois les parts fixes distribuées, voire la totalité en l'absence de réservataires ;
- Les parents utérins (dhawu al-arham), une catégorie subsidiaire qui n'intervient qu'en l'absence de tout héritier des deux premières catégories.
La hiérarchie des liens de parenté
La doctrine malikite organise les héritiers potentiels selon la proximité du lien avec le défunt : descendants, puis ascendants, puis collatéraux, le conjoint occupant une place à part, non affectée par cette hiérarchie de parenté. Cette organisation explique le mécanisme du hajb : un parent plus éloigné s'efface devant un parent plus proche placé sur la même ligne.
Un système de fractions, pas de pourcentages arbitraires
Chaque part réservataire correspond à une fraction précise et non à un pourcentage négocié : l'épouse sans enfant du défunt reçoit un quart, la fille unique sans frère la moitié, la mère un sixième en présence de descendants. Ces fractions, une fois additionnées pour l'ensemble des héritiers d'une succession donnée, sont ramenées à un dénominateur commun — c'est ce travail arithmétique que l'outil de simulation automatise entièrement.
Deux mécanismes correcteurs : la réduction et le retour
Il arrive que la somme des parts fixes dépasse l'unité : c'est le cas de la réduction ('awl), où chaque part est proportionnellement diminuée pour que le total reste cohérent. À l'inverse, lorsque la somme des parts fixes n'épuise pas la totalité de la masse et qu'aucun résiduaire n'est présent pour absorber le surplus, ce surplus peut faire retour (radd) aux héritiers réservataires eux-mêmes, à l'exception notable des époux entre eux.
Une doctrine, une application locale
Le rite malikite offre un cadre théorique cohérent, mais son application concrète en Algérie s'inscrit dans le Code de la famille, qui en reprend l'essentiel tout en fixant certaines modalités procédurales propres au droit positif algérien — notamment sur le rôle du notaire et la forme de l'acte de notoriété. C'est cette articulation entre doctrine et droit positif que le simulateur Miraths cherche à refléter fidèlement.