Le système de parts fixes qui structure le droit successoral musulman, et que le Code de la famille algérien reprend pour l'essentiel, trouve sa source première dans un petit nombre de versets du Coran, principalement regroupés dans la sourate An-Nisa (« Les Femmes »). Leur degré de précision, inhabituel pour un texte religieux, explique la place centrale qu'ils occupent encore aujourd'hui dans la construction juridique du droit successoral.
Le verset 7 : le principe même du droit à hériter
Ce verset pose le principe fondamental selon lequel hommes et femmes ont, l'un comme l'autre, un droit sur ce que laissent les parents et les proches — rompant avec des pratiques antérieures qui pouvaient exclure certaines catégories de parents, notamment les femmes et les enfants, de tout héritage.
Le verset 11 : les parts des enfants et des parents
Ce verset, l'un des plus détaillés du texte coranique, fixe les parts revenant aux enfants du défunt (avec le principe de répartition évoqué dans notre article sur les cas où la femme hérite davantage), ainsi que les parts fixes revenant au père et à la mère selon la présence ou l'absence de descendants et de frères et sœurs.
Le verset 12 : le conjoint survivant et les héritiers utérins
Ce verset précise les parts du conjoint survivant — la moitié ou le quart pour l'époux selon la présence de descendants, le quart ou le huitième pour l'épouse — ainsi que la part, égale entre hommes et femmes, des frères et sœurs utérins du défunt, évoquée dans notre article sur les cas d'égalité entre héritiers.
Le verset 176 : le cas de la fratrie sans ascendant ni descendant
Situé à la fin de la sourate, ce verset traite spécifiquement du cas où le défunt ne laisse ni enfant ni père vivant, en précisant les parts des frères et sœurs germains ou consanguins dans cette configuration particulière — un cas que l'on retrouve fréquemment dans les successions concrètes.
Une source textuelle, une élaboration doctrinale
Ces versets, aussi précis soient-ils, ne couvrent pas explicitement chaque configuration familiale possible : la doctrine juridique — dont le rite malikite retenu en Algérie constitue l'une des grandes écoles — a développé, au fil des siècles, les règles complémentaires nécessaires pour traiter les cas non expressément prévus par le texte : le mécanisme du hajb, la réduction proportionnelle (l''awl), le retour (le radd), ou encore la munasakha. C'est cet ensemble, source textuelle et élaboration doctrinale réunies, que le Code de la famille algérien reprend et que le simulateur Miraths applique.